Les rituels du thé

Le Gong Fu Cha

Le Gong Fu Cha est un art de la préparation et de la dégustation du thé pratiqué en Chine, à Taiwan et en Corée. Il est particulièrement adapté au thé oolong. En guise de bouilloire, on utilise une théière d’environ un litre ou plus posée sur un réchaud. La théière proprement dite, traditionnellement en terre de Yi Xing, dépasse rarement les 10 centilitres. Après l’avoir ébouillantée, on la remplit presque à moitié de thé, puis on y verse une grande quantité d’eau bouillante. L’opération s’effectuant sur un plateau ajouré appelé « bateau », on ne craint pas les inévitables débordements. Après avoir jeté la première infusion, destinée à hydrater les feuilles, on remplit à nouveau la théière d’eau bouillante en faisant largement déborder l’eau. Cette opération permet de maintenir la théière à bonne température. Après 30 à 40 secondes d’infusion, la liqueur est versée dans un premier récipient, haut et étroit, dans lequel on respire la liqueur afin de se pénétrer de son parfum. On transvase ensuite celle-ci dans un petit bol dans lequel on déguste le thé. L’opération peut se répéter une dizaine de fois.

Le Cha No Yu

La cérémonie du thé japonaise porte le nom de Cha No Yu ou « eau chaude pour le thé ». Pratiquée depuis le xve siècle, elle a été ritualisée au siècle suivant par Sen no Rikyu, le plus fameux maître de thé japonais. Son enseignement de la voie du thé, ou Cha-do, s’est perpétué jusqu’à nos jours. On lui attribue la création du premier pavillon de thé isolé. Auparavant la chambre de thé étant une partie du salon dont elle était simplement séparée par des paravents. Pour cette petite construction, capable de recevoir cinq personnes au plus, on emploie les matériaux les plus humbles. Elle doit évoquer une pauvre hutte dans la forêt. La simplicité extrême de son intérieur lui a valu son autre nom de « maison du vide ». Une fleur évocatrice de la saison, une calligraphie soigneusement choisie en fonction de l’humeur de l’hôte ou en hommage à ses invités en sont les seuls éléments de décoration. Dans cette atmosphère emprunte de tranquillité, le silence ne doit être interrompu que par le chant de l’eau dans la bouilloire. Quand l’eau est chaude, l’hôte se saisit d’une spatule en bambou et dépose l’équivalent d’une demi-cuillère à café de Matcha* dans un bol en céramique. Il puise ensuite de l’eau bouillante à l’aide d’une louche en bambou et la verse dans le bol. Ensuite, il bat le tout avec un petit fouet en bambou réservé à cet usage. Le bol est alors présenté à l’invité qui a été choisi pour être le premier à déguster cette « mousse de jade » au goût fort et amer.

*Le Matcha est obtenu en broyant des feuilles thé vert dans des meules de pierre. La poudre, d’un beau vert jade, utilisée au cours du Cha No Yu sert également à confectionner des glaces et des pâtisseries.


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