L'histoire du thé


Le thé est originaire de Chine



D’après la légende, il fut découvert en 2737 avant notre ère par le divin empereur Sen Nung. Connu comme l’inventeur de l’agriculture, cet être mythique à tête de bœuf sur un corps d’homme passe également pour l’inventeur de la médecine.

Parmi ses recommandations pour être en bonne santé, ce dieu vivant préconisait de faire bouillir l’eau avant de la boire. C’est ce qu’il fit lui-même à l’occasion d’une halte au cours de laquelle il s’assoupit. À son réveil, il vit que quelques feuilles de l’arbre auquel il s’était adossé étaient tombées dans l’eau qu’il avait mise à bouillir pour se désaltérer. Charmé par la belle couleur dorée du breuvage, l’empereur le porta à ses lèvres et trouva cette boisson délicieuse. Le thé était né.

Cha et Chan...

Un autre grand mythe fondateur met en scène Bodhidharma, un prince bouddhiste indien venu prêcher en Chine et dont l’enseignement donna naissance au Chan, à l’origine du bouddhisme Zen japonais.
La légende raconte que le sage, furieux de s’être endormi au cours d’une séance de méditation, s’arracha les paupières et les jeta à terre. Passant par là quelques années plus tard, il vit qu’elles avaient donné naissance à un arbre dont les feuilles se révélèrent fort utiles pour lutter contre le sommeil, permettant ainsi aux adeptes du Chan de prolonger leur méditation devant les mener à l’éveil.

Chronos versus Muthos

Cette légende, si elle entoure la naissance du thé d’une aura propre à charmer les esprits en quête de spiritualité, se heurte à la chronologie.
En effet, la venue de Bodhidharma en Chine remonte, selon Daisetz Teitaro Suzuki* à l’année 520 de notre ère, époque où le thé était déjà bien connu en Chine tout au moins pour ses vertus médicinales.
Les textes anciens nous apprennent qu’il était déjà cultivé sous les Han, dont le règne couvre la période allant de 206 avant J-C. à 22 après J.C.

 

1) Le thé bouilli

A l’époque des T’ang (618-907), le thé se présente sous forme de brique ou de boulette, tel de nos jours les Pu Ehr compressés en nid d’oiseau (Tuo Cha) ou sous forme de plaques de différentes tailles.
On faisait bouillir le thé prélevé en y ajoutant du sel. Le thé était alors réservé à l’élite et, s’il avait pénétré la culture et les arts, il restait inconnu de la grande majorité des habitants de l’Empire du Milieu.

 

2) Le thé battu

Au cours de la période dominée par la dynastie Song (960-1276), les feuilles sont pulvérisées, et le thé se présente alors sous la forme d’une poudre que l’on bat directement dans le bol dans lequel il est bu.
C’est la « mousse de jade » dont le Japon a gardé la tradition à travers le rituel du Cha no yu, la célèbre « cérémonie » du thé encore pratiquée de nos jours.

 

3) Le thé infusé

Enfin le thé prit sa forme actuelle, en infusion de feuilles entières ou brisées, sous les Ming, dynastie impériale qui régna sur la Chine de 1368 à 1644.

C’est ainsi qu’il est le plus généralement consommé aujourd’hui à travers le monde.

 

* in "Essais sur le Bouddhisme Zen" traduits sous la direction de Jean Herbert Le Livre de Poche


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